Comme tout étudiant qui se respecte, je suis à la recherche d'un emploi pour cet été, communément appelé "job d'été", "emploi vacance" ou "emploi étudiant"...
...Ou comment se glisser pendant quelques semaines dans la peau des chômeurs que la société actuelle se plaît à les décrire comme des "fainéants assistés"
(c'est vrai qu'avoir une réduction d'un euro sur un place de musée, de cinéma ou de ticket de bus, c'est de l'assistanat ! Pour autant que je sache, toujours pas de réduction sur les produits de première nécessité comme la viande qui fait cruellement défaut à plusieurs ménages français, ma foi, ils n'ont qu'à travailler plus pour gagner plus ! Ah ils le font déjà? Ben tant pis, ils sont quand même fainéants et assistés ! )
Bref ! J'envoie donc une quantité phénoménale de lettres de motivation et de cv, mais cette année, crise oblige, les réponses sont tardives et négatives.
Enfin je réussis à obtenir un entretien à la LMDE (sécurité sociale des étudiants) pour un travail de conseiller mutualiste. Entendez par là, conseiller les étudiants qui viennent s'inscrire à la fac sur leur future mutuelle et les convaincre à choisir la LMDE (au passage merci à ma Mélou qui m'a conseillée d'envoyer une lettre de motivation à cet organisme !)
Donc hier entretien. On m'avait prévenu : il faut être disponible de 14 heures à 16 heures 30. Et, en effet, l'entretien a bel et bien duré tout ce temps !
Le "jury" se compose de trois femmes, et comme dans chaque jury, il ya la "gentille", la "méchante" et la "j'observe tous vos gestes sans dire un mot".
Une heure d'entretien collectif qui consiste à présenter ta voisine de table et non pas toi même (essayer donc d'être enthousiaste et de convaincre de la prendre elle, plutôt dur alors qu'on vient de nous affirmer qu'on était tous en concurrence!).
Ensuite mise en situation : nous avons gagné au loto, on tire au sort chacun un projet à défendre.
Je suis tombée sur "transformer un immeuble désaffecté en résidence étudiante".
Assez facile puisqu'il s'agit de faire pleurer dans les chaumières, comparé à ma voisine qui doit défendre un projet de musée des super héros !
On défend donc chacun notre projet (je pleure, donc, sur la crise du logement, sur les difficultés financières des pauvres étudiants) et ensuite on doit débattre sur quel projet l'emporte.
Le jury note à chaque fois qu'on prend la parole, il est donc de bon ton de couper la parole aux gens et de se comporter en personne individualiste et ambitieuse.
Mon projet à remporté l'unanimité, mais comme je l'ai dit plus haut, il était assez facile à défendre.
Ensuite entretiens individuels. On attend donc son tour en papotant sur ses expériences précédentes avec nos "concurrents" et peut être futurs collègues.
Enfin, c'est mon tour. Les femmes me demandent mon projet professionnel, et s'intéressent à ma passion du livre.
S'ensuit alors un interminable interrogatoire sur l'avenir du livre, sur le fait d'écrire et de publier, sur le livre électronique ! Bref je me serais cru face à Mme B. prof à l'IUT métiers du livre où j'ai fais mes premiers pas dans les études supérieures, en train de me scruter et de guetter chaque défaut potentiel.
Comme disent mes proches "au moins ça t'entraînes" ! C'est sûr que moi qui souhaite passer des concours, ça ressemblait davantage à un oral qu'à un entretien !
Et voilà, on vous lâche dans la nature, en vous gratifiant d'un "on vous rappellera" et on sort, à bout de souffle, au bout de deux heures et demi d'entretien dans une salle surchauffée, et on espère que tout ça aura au moins servi à avoir un boulot sous payé et temporaire..
Good night and Good luck !